Les consoles de mixage, 1ère partie : Caractéristiques, environnement, entrées et sorties.

La console de mixage est le centre névralgique du studio. Elle est reliée à tous les autres périphériques audios utilisés : Magnétophone, instruments, amplis casque, enceintes de monitoring, traitements et effets sonores. Il est donc essentiel de comprendre sa place dans la chaîne du signal et son fonctionnement, aussi bien en mode prise de son qu’en mode mixage.

FONCTIONS ET CARACTÉRISTIQUES

La fonction première d’une console de mixage est de réduire tous les signaux enregistrés en un seul signal (mono, stéréo ou multicanal selon le produit qu’on veut créer) en équilibrant le volume de chacun d’eux et en les mélangeant.
La console de mixage sert aussi à gérer les prises de son et à  amplifier les signaux qu’elle reçoit afin qu’ils soient exploitables et enregistrables sur un magnétophone.

Les consoles peuvent être soit analogiques soit numériques. Ces dernières, plus récentes, présentent beaucoup d’avantages (ergonomie, automation, routing) et quelques inconvénients (qualité sonore) par rapport aux consoles analogiques. Nous développerons cela un peu plus loin. Il faut savoir quand même que le très haut de gamme reste souvent analogique, en raison d’une qualité sonore souvent meilleure (Cela dit, c’est de moins en moins vrai car les progrès dans le numérique ne cessent d’améliorer la qualité des appareils).

Les consoles de mixage, bien que gardant toutes le même principe de fonctionnement, présentent des caractéristiques différentes : leur taille, leurs possibilités, leur technologie.

On peut pour commencer classer les consoles selon leur domaine d’utilisation :

  • En prise de son cinéma : ce sont de petites consoles portables n’offrant d’habitude pas plus de 4 entrées. Elles sont aussi appelées mixettes. Il s’agit souvent de matériel professionnel et son prix peut monter jusqu’à plusieurs milliers d’euros.
  • En mixage cinéma : Ces consoles sont uniquement destinées aux professionnels et leur prix peut être très élevé. Elle présentent habituellement un grand nombre de voies et de possibilités pour permettre le mixage souvent complexe d’un film. Le numérique est ici préféré car il offre l’automation (mémorisation et automatisation des variations de volume et des autres commandes), outil indispensable dans ce cas.
  • En télévision ou radio : Souvent ce sont des consoles spécialisées dans la diffusion, de haute qualité, numériques, et aux possibilités ciblées.
  • En sonorisation de concert : Souvent numériques, elles doivent permettre l’automation et le « total recall » c’est à dire l’enregistrement de la position de chaque commande (faders, potentiomètres) à un instant donné, afin de pouvoir la rappeler plus tard.
  • En prise de son et mixage musical : c’est le type le plus répandu et où le choix est le plus large. Pour subvenir aux besoins du petit home-studio ou du gros studio professionnel, les constructeurs offrent du matériel allant du bas de gamme au prix relativement bas, aux très haut de gamme (plusieurs centaines de milliers d’euros). Elles présentent un nombre d’entrées/sorties élevées et de nombreuses possibilités de routing (cheminement) du signal. Ce sont les plus polyvalentes et elles peuvent servir dans les autres domaines ci-dessus.

C’est à cette dernière catégorie que nous allons nous intéresser ici.

Console dédiée à la diffusion radiophonique

Une console de mixage est composée de deux parties : La partie regroupant toutes les tranches d’entrée, et la partie correspondant au bloc master (ou général) qui regroupe toutes les fonctions autres que les voies d’entrée (volume de notre mixage stéréo par exemple, monitoring, ordres, automation, vu-mètres,etc…) et gère surtout les sorties.
Lors du mixage on choisira d’envoyer ou pas le signal présent sur chaque tranche vers le bloc master via le bus master (voir 2ème partie du l’article), et on dosera l’envoi en niveau grâce au fader de la tranche.

Les signaux provenant des tranches d’entrée sont mélangés sur le bus L/R, on récupère le mixage sur la sortie principale.

Le nombre d’entrées est la caractéristique la plus importante à prendre en compte lorsqu’on prévoit d’utiliser une console. Ce nombre va définir combien de sources vont pouvoir être traitées en même temps. Pour enregistrer un orchestre symphonique il faudra bien sur une console proposant beaucoup plus de voies d’entrée que pour enregistrer un trio de jazz par exemple.

A gauche nos 8 tranches d’entrée, à droite le bloc master.

 

ENTRÉES ET SORTIES

Chaque tranche possède 3 entrées possibles et commutables :

  • L’entrée Micro
  • L’entrée Ligne
  • L’entrée Tape

Nous détaillerons ces entrées dans la deuxième partie de cet article (Etude d’une tranche).

Chaque tranche a une sortie directe (direct out) qui est la plupart du temps reliée à une entrée du magnétophone (enregistreur). Chaque tranche a également un point d’insert (sur les grosses consoles) permettant d’insérer un périphérique de traitement sur le chemin du signal. Ce point est donc composé d’un envoi et d’un retour, respectivement une sortie et une entrée en plus sur la tranche.

Le bloc master propose lui :

  • La sortie principale : généralement stéréo, nommée souvent L/R (left/right). Elle peut être connectée soit à une entrée stéréo d’un enregistreur, soit aux entrées d’un système de diffusion lors d’une sonorisation de concert.
  • Les sorties groupes ou sous-groupes : Elles permettent d’avoir plus de sorties principales, par exemple pour faire du mixage en multicanal (en 5.1 par exemple, les deux sorties principales ne suffisent plus, il en faut 6). Elle permettent aussi de faire des mixages partiels si besoin est ou de gérer le niveau de plusieurs sources en même temps : Par exemple, on fait souvent un groupe « batterie » qui regroupera tous les éléments de la batterie (grosse caisse, casse claire, toms, cymbales, etc…). De cette manière, on gère facilement le niveau de toute la batterie dans le mix (un seul fader au lieu de 8 ou 10). Dans ce cas, on assignera le signal de chaque groupe au bus master qui alimente la sortie principale.
  • Les sorties auxiliaires : Utilisées pour les départs casque des musiciens en studio ou de leur retours sur scène. Et également pour les traitements parallèles comme la réverbération ou le delay. On connecte donc sur ces sorties les entrées des amplis qui alimentent les casques ou les retours de scène, et les entrées des périphériques de traitements parallèles. Il y a autant de sorties auxiliaires sur le bloc master que de départs auxiliaires sur chaque tranche (voir Etude d’une tranche).
  • Les sorties monitoring : Ce sont des copies de la sortie principale qui vont alimenter les enceintes de la régie ou du studio. Elle sont pourvues d’un volume indépendant qui n’affecte pas la sortie principale.
  • Les sorties routing : Ce sont des sorties supplémentaires sur lesquelles on assigne ce que l’on veut et qui se retrouvent au patch (voir plus bas). Nous détaillerons ces sorties dans la deuxième partie de l’article.

Le bloc master propose aussi quelques entrées destinées seulement au monitoring : Aux In, 2Track In ou CD In. Ces entrées permettent de connecter facilement le retour du magnétophone sur lequel on enregistre le mix final, un lecteur MP3 ou un lecteur CD pour comparer notre mix à un autre produit du commerce par exemple.

Les entrées et les sorties citées ci-dessus sont des points physiques. En interne on peut faire transiter le signal sur d’autres chemins (voir la deuxième partie de l’article).

Connectiques d’une console sur le panneau arrière : On distingue bien les entrées micro (MIC), les entrées lignes (LINE), les points d’insert (INS), les sorties principales (MIX OUTPUTS), les sorties auxiliaires (AUX), les sorties directes (DIR), les sorties de groupes (SUB OUTPUTS), Les sorties monitor (MONITOR OUTPUT),une entrée 2 Track (2 TRK RETURN) et des entrées pour les retours d’effets stéréo (STE RETURN).

 

Lors de la prise de son, les sorties directes des tranches sont reliées aux entrées du MTR (MultiTrack Recorder/ Enregistreur Multipiste).
Les sorties auxiliaires sont surtout utilisées pour alimenter les amplis casque des musiciens.

Lors du mixage, les signaux en sortie des tranches transitent par le bus master de la console sur lequel ils se mélangent. Dans ce cas ce sont les sorties principales de la console (L/R) qui sont reliées aux entrées de l’enregistreur.
Néanmoins, les signaux en sortie de tranche peuvent aussi être envoyés vers les groupes ou les sous-groupes. Ce seront alors les sorties de groupes qui seront assignées au bus master.
Les sorties auxiliaires sont reliées aux entrées des périphériques de traitement parallèle tandis que les sorties de ces périphériques reviennent vers la console de mixage via d’autres tranches. C’est pourquoi il est important d’avoir plus de tranches disponibles que de sources enregistrées. Par exemple, si on a 30 sources à mixer simultanément, il faudra veiller à avoir au moins 40 ou 50 tranches disponibles sur la console. Certaines consoles sont équipées d’entrées stéréo dédiées à la récupération des signaux provenant des traitements parallèles (FX RETURN).

Toutes les entrées et sorties de la console et de chaque périphérique sont reliées à ce qui s’appelle le patch (ou tableau de connections). Ce tableau permet de tout centraliser et de permettre très simplement n’importe quelle connexion. Plus besoin de ramper derrière les appareils pour brancher et débrancher les câbles !

 

Dans la deuxième partie de l’article nous ferons l’étude d’une tranche, nous détaillerons les cheminement du signal à l’intérieur de la console grâce aux différents bus, nous aborderons les notions de consoles à monitoring in-line ou split et nous reviendrons sur les différences entre consoles analogiques et consoles numériques.

Cheers !