Les consoles de mixage, 2ème partie : Etude d’une tranche, Bloc Master

Dans cet article nous traiterons principalement du fonctionnement des consoles analogiques. Il est préférable de bien comprendre leur philosophie avant de s’attaquer aux consoles numériques dont les spécificités en découlent. Par ailleurs nous choisirons la console la plus complète possible pour en détailler toutes les fonctionnalités.

ETUDE D’UNE TRANCHE

ETAGE D’ENTREE

Tranche de console simple

Pour pouvoir recevoir le signal d’une maximum de sources différentes, une tranche est en principe dotée de 3 entrées différentes commutables. Une seule à la fois peut être utilisée.

  • L’entrée Micro : Elle comporte un réglage de gain (pre-ampli) avec une plage dynamique assez large pour pouvoir adapter le niveau des tous les types de micros (dont le niveau de sortie varie de quelques millivolts à plus de 1 volt). Elle doit aussi proposer un commutateur appelé PAD ou atténuateur qui réduit le niveau d’entrée de 15, 20 voire 30 dB, ce qui permet de connecter des micros ayant un très fort niveau de sortie ou placés devant des sources très fortes (une grosse caisse par exemple). On a alors deux possibilités : PAD on ou PAD off.
  • L’entrée Ligne : L’entrée ligne est destinée à recevoir des liaisons ligne comme les retours d’un magnétophone ou de périphériques d’effets (réverbération ou delay), mais également des liaisons instruments comme les synthétiseurs ou les sampleurs. Cette entrée normalement normalisée à +4dBu, doit proposer elle aussi un réglage de gain pour optimiser le volume d’entrée (Ce réglage est différent du réglage de gain de l’entrée micro, du moins sur les tables haut de gamme.). En effet l’entrée ligne peut éventuellement recevoir des signaux provenant d’appareils audios grand public normalisés à -10dBu.
  • L’entrée Tape : Elle n’est pas pourvue d’un réglage de gain car elle est sensée récupérer le signal bien calibré d’une des pistes du magnétophone multipiste. En phase de mixage, chaque sortie du multipiste est connectée à une entrée tape de la console.

Le choix de ces entrées se fait par l’intermédiaire de deux switches : le premier permettant de choisir entre l’entrée Micro ou Ligne, le second (prioritaire sur le premier) permet de sélectionner soit les entrées Micro/Ligne, soit l’entrée Tape en phase de mixage.

L’étage d’entrée de la tranche comporte aussi :

  • Un switch pour activer l’alimentation fantôme +48V pour les microphones statiques.
  • Un inverseur de phase qui va jouer sur les trois entrées (souvent noté Φ)
  • Un filtre coupe-bas qui peut aider à supprimer les bruits de manipulation du micro, les buzz électriques ou les vrombissements de climatisation par exemple. A éviter sur les sources graves (basse ou grosse caisse) sous peine de perdre une partie du signal utile. Le filtre coupe bas peut être accompagné d’une filtre coupe-haut sur les grosses consoles.
  • Sur les consoles les plus complètes, on peut avoir une quatrième source en entrée de tranche : le retour du bus routing ayant pour numéro le numéro de la tranche. Cette entrée est interne et ne présente donc pas de connecteur physique comme pour les autres entrées.

ETAGE D’EQUALISATION

Tranche de console Neve In-Line
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Après l’étage d’entrée, le signal arrive généralement à l’étage d’equalisation ou du correcteur de fréquences. L’EQ peut être plus ou moins complet, allant du simple correcteur graves/aiguës à un correcteur 4 bandes paramétriques. Chaque bande comprends alors un réglage de fréquence, un gain et un choix de largeur de bande (appelé généralement le facteur Q). L’EQ est bypassable grâce à un switch, ce qui permet de comparer facilement le signal traité et le signal non traité. Cela permet aussi, si on ne veut pas utiliser l’équaliseur, d’éviter de faire passer le signal par de l’électronique inutile.
Sur les consoles à Monitoring in-line (voir plus bas), l’équaliseur peut être affecté au channel (partie placée avant le multipiste) ou au monitor (partie revenant du multipiste).
L’Equalisation est un outil quasiment indispensable lors du mixage et ce dans quasiment tous les styles de musique (En musique classique on l’utilisera avec prudence pour ne pas trop dénaturer le son des instruments).

ETAGE D’ENVOIS AUXILIAIRES

C’est à cet étage qu’on va pouvoir envoyer notre signal dans des circuits auxiliaires. Toutes les consoles présentent cette fonction, allant de 2 départs aux à 8 ou 10 départs aux pour les grosses consoles. Ces départs peuvent servir à faire des mixs différents du mix principal pour les casques des musiciens (Ex : si on a 4 musiciens, on connecte les sorties des circuits auxiliaires 1 à 4 à l’entrée de 4 amplis casques. Ainsi, chacun d’eux peut avoir un mix différent dans leur casque). Sur chaque tranche, chaque envoi est réglable en niveau grâce à un potentiomètre. Les envois peuvent être monos ou stéréo. Dans le second cas, le départ auxiliaire 1 servira à doser le niveau d’envoi et le départ auxiliaire 2 placera la source dans l’espace comme un panoramique.
Les circuits auxiliaires servent aussi à envoyer le signal vers des périphériques de traitement extérieurs à la console.
Sur les grosses consoles, on peut choisir où l’on prélève le signal à envoyer dans l’auxiliaire : Grâce à un switch généralement appelé PRE, on prélève le signal avant le fader de volume (pre-fader). S’il n’est pas enclenché, le signal est prélevé après le fader (post-fader). De cette manière, on décide si l’envoi vers les bus auxiliaires est affecté ou non par le niveau du fader (En général, pour les balances casque, on prélèvera le signal pre-fader, et pour l’envoi vers les traitements on prélèvera le signal post-fader).

ETAGE DE TRAITEMENTS DE DYNAMIQUE

Sur les plus grosses consoles analogiques (et sur quasiment toutes les consoles numériques) chaque tranche peut comporter un compresseur/limiteur voire un expandeur.
Nous développerons le fonctionnement des traitements de dynamique dans un futur article.

LE CIRCUIT D’INSERT

Il est possible d’insérer sur le chemin du signal un appareil externe à la console. Ce point d’insert est alors composé d’un envoi et d’un retour qu’on retrouve physiquement à l’arrière de la console avec les autres connecteur. Cela permet par exemple d’insérer un compresseur si la console n’en propose pas en interne. Il peut être également bypassé grâce à un switch et on peut parfois choisir si le signal est prélevé avant ou après l’EQ.

LE FADER PRINCIPAL ET LE PANORAMIQUE

Le signal est ensuite dirigé vers le fader principal. Celui ci va nous permettre de doser notre envoie vers le bus L/R, notre mix principal. Plus le fader est grand, plus on peut doser précisément. Le signal passe ensuite par un potentiomètre qui détermine le panoramique, c’est à dire le placement de la source dans l’espace stéréophonique. A noter que lorsque le signal est placé au centre, il est 3 dB moins fort que si on le place tout à gauche ou tout à droite de l’espace. Ceci est dû au fait que pour placer le signal au centre, il faut alimenter les deux côtés de la même manière, ce qui divise la puissance du signal par deux. Il en résulte une perte de 3 dB.

LES ENVOIS VERS LES GROUPES OU LES BUS ROUTING

Chaque tranche peut-être assignable grâce à des switchs, soit au bus principal L/R soit aux bus groupes. On peut aussi envoyer le signal vers les bus routing à toute fin utile. Ces envois sont post-fader et panoramique. Les envois se présentent en stéréo (1/2, 3/4,5/6,etc) et le panoramique de la tranche détermine l’envoi vers les bus groupes pairs (tout à droite) ou impairs (tout à gauche).

LES COMMANDES MUTE ET SOLO

Sur chaque tranche, un bouton MUTE permet de couper l’envoi du signal vers tous les bus. Le bouton SOLO permet lui de n’écouter que le signal de la tanche correspondante en coupant toutes les autres. Les autres tranches ne sont pas coupées si elles ont aussi le bouton SOLO enclenché.

 

MONITORING IN-LINE, OUT-LINE OU SPLIT

  • Le monitoring in-line consiste à séparer une tranche en deux parties : La première reçoit le signal d’entrée (micro/ligne) et l’envoie vers le magnétophone multipiste  (on l’appelle le channel) et la seconde reçoit (par l’entrée tape) le retour du multipiste (on l’appelle le monitor). Dans ce cas chaque tranche a deux faders, le « petit fader » sur le channel sert à doser l’envoi vers le multipiste et le « grand fader » dose notre signal dans le mix principale. Les fonctions de la tranche (equaliseur, compresseur, envois auxiliaires etc..) peuvent alors être assignées au channel ou au monitor, au choix.

    Monitoring In-Line

  • Sur certaines consoles, la partie monitoring est déportée au niveau du bloc master : c’est le monitoring out-line. Sur les grosses consoles, c’est le monitoring in-line qui est retenu.
  • Sur les consoles proposant des tranches normales (en une seule partie), il faut alors disposer de tranches supplémentaires pour recevoir les retours de multipiste. (Ex : si on enregistre 20 sources simultanément, il faudra 20 tranches pour recevoir les signaux provenant des micros et des instruments, et 20 autres tranches pour recevoir les retours du multipistes.) On appelle cette méthode le split monitoring.

    Split Monitoring

LE BLOC MASTER

Il regroupe toutes les commandes générales de la console. On y trouve :

  • Les faders principaux L/R. Souvent il n’y a qu’un seul fader pour le mix principal, que ce soit en stéréo ou en multicanal.
  • Les faders de groupe : Ils commandent le niveau d’envoi vers les sorties groupes ou vers le bus master L/R.
  • Les niveaux généraux des départs auxiliaires.
  • Le niveau de l’écoute SOLO.
  • Le niveau général de l’écoute de la régie et de l’écoute du studio.
  • Le choix entre les différentes écoutes de la régie.
  • Le circuit de talkback, qui facilite la communication entre l’ingénieur du son et les musiciens. Sur les grosses consoles, on peut affecter le micro d’ordres sur les bus qu’on veut : dans les casques des musiciens, dans les enceintes du studio, dans les bus routing (cela permet d’enregistrer sur toutes les pistes du multipiste des messages comme le numéro de la prise ou toute autre information pouvant servir lors du mixage)
  • Le circuit de foldback : Il pemet de choisir ce qu’on envoie dans les casques musiciens : Circuits auxiliaires, mix L/R, micro d’ordre, …
  • Un bloc de sélection de la source des écoutes de la régie : Mix L/R, envois auxiliaires, 2 Track Return, platine CD,…
  • Les vu-mètres relatifs aux bus (L/R, AUX).
  • Les fonctions de l’automation si la table en est équipée.
  • Sur certaines consoles, on trouve des tranches stéréo, qui sont des tranches simplifiées destinées à récupérer les retours d’effets parallèles (réverbération, écho, delay,…)
  • Sur certaines consoles, un oscillateur générant des fréquences sinusoïdales permettant le calibrage et l’étalonnage éventuel de certains appareils.

L’AUTOMATION

L’automation permet à chaque instant la mémorisation et la restitution automatique des mouvements de fader ou des modifications des commandes telles le panoramique, les envois auxiliaires ou l’équaliseur.
De nos jours, sur les consoles numériques, quasiment toutes les commandes sont automatisables et sur les consoles haut de gamme, tous les faders et potentiomètres sont motorisés, ce qui permet de suivre l’automation en temps réel (Sur certaines consoles, mais de moins en moins, les faders ne sont pas motorisés, dans ce cas, le volume véritable est différent du volume apparent, ce qui peut être trompeur).
L’automation est le point fort des consoles numériques. Sur les consoles analogiques, l’automation requiert l’utilisation d’une ordinateur relié à la console et les commandes ne sont pas toujours motorisées, ce qui rend l’exploitation délicate.

LES CONSOLES NUMÉRIQUES

Avantages :

  • L’automation plus avancée et complète.
  • Un rapport possibilités/prix élevé : Même sur les petites consoles numériques, les possibilités de routing sont beaucoup plus importantes que sur les petites consoles analogiques. Il est souvent possible d’assigner n’importe quelle entrée et n’importe quelle sortie à n’importe quelle tranche.
  • Les consoles numériques sont plus compactes que les analogiques.
  • Elles comprennent souvent des effets et traitements internes.

Inconvénients :

  • Le fait qu’elles soient plus compactes n’est pas qu’un avantage. En effet les tranches sont souvent disposées en couches : Ex : Sur une console qui a 48 entrées mais seulement 16 faders, les tranches sont séparées en 3 couches (1-16,17-32,33-48). Toutes les tranches ne sont donc pas visibles en même temps.
  • De même, les commandes de certaines fonctions comme l’équaliseur ne sont souvent que disponible par le bloc master. Il faut alors désigner la tranche sur laquelle on veut travailler avant d’utiliser l’équalisation, ce qui est moins ergonomique et pratique que sur une console analogique. Chaque opération prends un peu plus de temps et on n’a pas de vue d’ensemble des paramètres de chaque tranche.
  • Les consoles numériques sont moins intuitives que les consoles analogiques. Elles demandent un période de prise en main plus longue avant de pouvoir bien la maîtriser.
  • Pour le bas de gamme et le moyen gamme, le son reste toujours moins convainquant que sur les consoles analogiques.

Les consoles de mixage, 1ère partie : Caractéristiques, environnement, entrées et sorties.

La console de mixage est le centre névralgique du studio. Elle est reliée à tous les autres périphériques audios utilisés : Magnétophone, instruments, amplis casque, enceintes de monitoring, traitements et effets sonores. Il est donc essentiel de comprendre sa place dans la chaîne du signal et son fonctionnement, aussi bien en mode prise de son qu’en mode mixage.

FONCTIONS ET CARACTÉRISTIQUES

La fonction première d’une console de mixage est de réduire tous les signaux enregistrés en un seul signal (mono, stéréo ou multicanal selon le produit qu’on veut créer) en équilibrant le volume de chacun d’eux et en les mélangeant.
La console de mixage sert aussi à gérer les prises de son et à  amplifier les signaux qu’elle reçoit afin qu’ils soient exploitables et enregistrables sur un magnétophone.

Les consoles peuvent être soit analogiques soit numériques. Ces dernières, plus récentes, présentent beaucoup d’avantages (ergonomie, automation, routing) et quelques inconvénients (qualité sonore) par rapport aux consoles analogiques. Nous développerons cela un peu plus loin. Il faut savoir quand même que le très haut de gamme reste souvent analogique, en raison d’une qualité sonore souvent meilleure (Cela dit, c’est de moins en moins vrai car les progrès dans le numérique ne cessent d’améliorer la qualité des appareils).

Les consoles de mixage, bien que gardant toutes le même principe de fonctionnement, présentent des caractéristiques différentes : leur taille, leurs possibilités, leur technologie.

On peut pour commencer classer les consoles selon leur domaine d’utilisation :

  • En prise de son cinéma : ce sont de petites consoles portables n’offrant d’habitude pas plus de 4 entrées. Elles sont aussi appelées mixettes. Il s’agit souvent de matériel professionnel et son prix peut monter jusqu’à plusieurs milliers d’euros.
  • En mixage cinéma : Ces consoles sont uniquement destinées aux professionnels et leur prix peut être très élevé. Elle présentent habituellement un grand nombre de voies et de possibilités pour permettre le mixage souvent complexe d’un film. Le numérique est ici préféré car il offre l’automation (mémorisation et automatisation des variations de volume et des autres commandes), outil indispensable dans ce cas.
  • En télévision ou radio : Souvent ce sont des consoles spécialisées dans la diffusion, de haute qualité, numériques, et aux possibilités ciblées.
  • En sonorisation de concert : Souvent numériques, elles doivent permettre l’automation et le « total recall » c’est à dire l’enregistrement de la position de chaque commande (faders, potentiomètres) à un instant donné, afin de pouvoir la rappeler plus tard.
  • En prise de son et mixage musical : c’est le type le plus répandu et où le choix est le plus large. Pour subvenir aux besoins du petit home-studio ou du gros studio professionnel, les constructeurs offrent du matériel allant du bas de gamme au prix relativement bas, aux très haut de gamme (plusieurs centaines de milliers d’euros). Elles présentent un nombre d’entrées/sorties élevées et de nombreuses possibilités de routing (cheminement) du signal. Ce sont les plus polyvalentes et elles peuvent servir dans les autres domaines ci-dessus.

C’est à cette dernière catégorie que nous allons nous intéresser ici.

Console dédiée à la diffusion radiophonique

Une console de mixage est composée de deux parties : La partie regroupant toutes les tranches d’entrée, et la partie correspondant au bloc master (ou général) qui regroupe toutes les fonctions autres que les voies d’entrée (volume de notre mixage stéréo par exemple, monitoring, ordres, automation, vu-mètres,etc…) et gère surtout les sorties.
Lors du mixage on choisira d’envoyer ou pas le signal présent sur chaque tranche vers le bloc master via le bus master (voir 2ème partie du l’article), et on dosera l’envoi en niveau grâce au fader de la tranche.

Les signaux provenant des tranches d’entrée sont mélangés sur le bus L/R, on récupère le mixage sur la sortie principale.

Le nombre d’entrées est la caractéristique la plus importante à prendre en compte lorsqu’on prévoit d’utiliser une console. Ce nombre va définir combien de sources vont pouvoir être traitées en même temps. Pour enregistrer un orchestre symphonique il faudra bien sur une console proposant beaucoup plus de voies d’entrée que pour enregistrer un trio de jazz par exemple.

A gauche nos 8 tranches d’entrée, à droite le bloc master.

 

ENTRÉES ET SORTIES

Chaque tranche possède 3 entrées possibles et commutables :

  • L’entrée Micro
  • L’entrée Ligne
  • L’entrée Tape

Nous détaillerons ces entrées dans la deuxième partie de cet article (Etude d’une tranche).

Chaque tranche a une sortie directe (direct out) qui est la plupart du temps reliée à une entrée du magnétophone (enregistreur). Chaque tranche a également un point d’insert (sur les grosses consoles) permettant d’insérer un périphérique de traitement sur le chemin du signal. Ce point est donc composé d’un envoi et d’un retour, respectivement une sortie et une entrée en plus sur la tranche.

Le bloc master propose lui :

  • La sortie principale : généralement stéréo, nommée souvent L/R (left/right). Elle peut être connectée soit à une entrée stéréo d’un enregistreur, soit aux entrées d’un système de diffusion lors d’une sonorisation de concert.
  • Les sorties groupes ou sous-groupes : Elles permettent d’avoir plus de sorties principales, par exemple pour faire du mixage en multicanal (en 5.1 par exemple, les deux sorties principales ne suffisent plus, il en faut 6). Elle permettent aussi de faire des mixages partiels si besoin est ou de gérer le niveau de plusieurs sources en même temps : Par exemple, on fait souvent un groupe « batterie » qui regroupera tous les éléments de la batterie (grosse caisse, casse claire, toms, cymbales, etc…). De cette manière, on gère facilement le niveau de toute la batterie dans le mix (un seul fader au lieu de 8 ou 10). Dans ce cas, on assignera le signal de chaque groupe au bus master qui alimente la sortie principale.
  • Les sorties auxiliaires : Utilisées pour les départs casque des musiciens en studio ou de leur retours sur scène. Et également pour les traitements parallèles comme la réverbération ou le delay. On connecte donc sur ces sorties les entrées des amplis qui alimentent les casques ou les retours de scène, et les entrées des périphériques de traitements parallèles. Il y a autant de sorties auxiliaires sur le bloc master que de départs auxiliaires sur chaque tranche (voir Etude d’une tranche).
  • Les sorties monitoring : Ce sont des copies de la sortie principale qui vont alimenter les enceintes de la régie ou du studio. Elle sont pourvues d’un volume indépendant qui n’affecte pas la sortie principale.
  • Les sorties routing : Ce sont des sorties supplémentaires sur lesquelles on assigne ce que l’on veut et qui se retrouvent au patch (voir plus bas). Nous détaillerons ces sorties dans la deuxième partie de l’article.

Le bloc master propose aussi quelques entrées destinées seulement au monitoring : Aux In, 2Track In ou CD In. Ces entrées permettent de connecter facilement le retour du magnétophone sur lequel on enregistre le mix final, un lecteur MP3 ou un lecteur CD pour comparer notre mix à un autre produit du commerce par exemple.

Les entrées et les sorties citées ci-dessus sont des points physiques. En interne on peut faire transiter le signal sur d’autres chemins (voir la deuxième partie de l’article).

Connectiques d’une console sur le panneau arrière : On distingue bien les entrées micro (MIC), les entrées lignes (LINE), les points d’insert (INS), les sorties principales (MIX OUTPUTS), les sorties auxiliaires (AUX), les sorties directes (DIR), les sorties de groupes (SUB OUTPUTS), Les sorties monitor (MONITOR OUTPUT),une entrée 2 Track (2 TRK RETURN) et des entrées pour les retours d’effets stéréo (STE RETURN).

 

Lors de la prise de son, les sorties directes des tranches sont reliées aux entrées du MTR (MultiTrack Recorder/ Enregistreur Multipiste).
Les sorties auxiliaires sont surtout utilisées pour alimenter les amplis casque des musiciens.

Lors du mixage, les signaux en sortie des tranches transitent par le bus master de la console sur lequel ils se mélangent. Dans ce cas ce sont les sorties principales de la console (L/R) qui sont reliées aux entrées de l’enregistreur.
Néanmoins, les signaux en sortie de tranche peuvent aussi être envoyés vers les groupes ou les sous-groupes. Ce seront alors les sorties de groupes qui seront assignées au bus master.
Les sorties auxiliaires sont reliées aux entrées des périphériques de traitement parallèle tandis que les sorties de ces périphériques reviennent vers la console de mixage via d’autres tranches. C’est pourquoi il est important d’avoir plus de tranches disponibles que de sources enregistrées. Par exemple, si on a 30 sources à mixer simultanément, il faudra veiller à avoir au moins 40 ou 50 tranches disponibles sur la console. Certaines consoles sont équipées d’entrées stéréo dédiées à la récupération des signaux provenant des traitements parallèles (FX RETURN).

Toutes les entrées et sorties de la console et de chaque périphérique sont reliées à ce qui s’appelle le patch (ou tableau de connections). Ce tableau permet de tout centraliser et de permettre très simplement n’importe quelle connexion. Plus besoin de ramper derrière les appareils pour brancher et débrancher les câbles !

 

Dans la deuxième partie de l’article nous ferons l’étude d’une tranche, nous détaillerons les cheminement du signal à l’intérieur de la console grâce aux différents bus, nous aborderons les notions de consoles à monitoring in-line ou split et nous reviendrons sur les différences entre consoles analogiques et consoles numériques.

Cheers !